Introduction

À l’occasion de la Nuit du Droit 2025, Lefebvre Dalloz met en lumière les initiatives locales qui rapprochent la justice des citoyens.
Emmanuelle Wacongne, présidente du tribunal judiciaire de Saint-Denis, partage son engagement pour une justice accessible, ancrée dans les réalités réunionnaises, et tournée vers la jeunesse.

Trois questions pour comprendre comment la justice se vit, se transmet et se transforme à La Réunion.

1ère question

1) Mme la présidente, qu’est-ce qui vous paraît le plus important dans la célébration de la Nuit du droit ici à La Réunion ? Et en quoi cet événement permet-il de rapprocher la justice des citoyens de l’île ?

La Nuit du droit est d’abord un moment de rencontre et de dialogue. À La Réunion, elle s’inscrit dans une dynamique partenariale forte des deux tribunaux judiciaires avec l’Université, le CDAD, les barreaux et de nombreux acteurs institutionnels, associatifs et professionnels du droit. Cette synergie permet d’accueillir, au sein même des juridictions, des étudiants, des lycéens, des collégiens mais aussi des citoyens curieux de comprendre comment la justice fonctionne et agit concrètement. En ancrant l’événement dans les réalités locales, nous contribuons à rendre la justice plus accessible, mais aussi à rappeler qu’elle est l’affaire de tous. C’est une manière directe et vivante de la rendre plus lisible et donc plus proche des citoyens et ainsi de renforcer la confiance entre l’institution et les justiciables.

2ème question

2) Le programme de cette édition est très riche : concours d’éloquence, ateliers de reconstitution de scènes de crime, projection en avant-première d’un film sur la prévention des violences intrafamiliales. Selon vous, quelle activité illustre le mieux la mission de pédagogie et de transparence du tribunal judiciaire ?

Une précision avant de poursuivre : nous n’avons pas été en mesure de monter le projet de procès fictif cette année faute de temps, et nous le remplaçons par la projection en avant-première du film de sensibilisation aux VIF (violences intra-familiales) que le CDAD de la Réunion a coproduit avec la société Nawar, réalisé par Sabrina Hoarau. Ce film, tourné à La Réunion en créole et sous-titré en français, est le premier à aborder les violences intrafamiliales du point de vue de l’accusé. Financé par le CDAD avec le soutien du Conseil départemental, des barreaux de l’île, de la CAF, de l’ARS et d’autres partenaires, il a vocation à être diffusé au début des audiences correctionnelles consacrées aux VIF.. Il permet de sensibiliser directement la population à une problématique grave et particulièrement importante à la Réunion, en s’adaptant aux réalités de ce territoire. Par ce support culturel et local, la justice s’explique, interpelle et sensibilise en s’adressant directement aux citoyens réunionnais.

3ème question

3) Avec la présence de nombreux étudiants et lycéens, quel message souhaitez-vous adresser à la jeunesse réunionnaise à travers cette Nuit du droit et le forum des métiers du droit ?

La jeunesse est au cœur de cette manifestation, car elle incarne l’avenir de notre société et de ses institutions. À travers la Nuit du droit et le forum des métiers, nous voulons transmettre un double message : d’une part, que les jeunes réunionnais ont toute leur place dans les professions juridiques et judiciaires, ce qui est notamment démontré dans le cadre du concours d’éloquence, où de vrais jeunes talents s’expriment sur un sujet juridique, avec un très haut niveau d’éloquence, que nous retrouvons chaque année, et d’autre part, que la justice est là pour tous, un pilier de la démocratie, garant des droits et des libertés individuelles. Nous souhaitons que chaque jeune puisse trouver dans cette rencontre des raisons de s’intéresser, de comprendre et peut-être de s’engager, demain, au service du droit et de la justice.