Quels cas d’usages de l’IA avez-vous vous-même investigués ?

Je me sers quotidiennement de l’IA pour faire des recherches juridiques, préparer des actes simples ou des courriers tels que des mises en demeure.

Pensez-vous que la formation initiale et continue devrait intégrer des parcours de connaissances sur l’IA et ses modes d’applications ?

Oui il s’agit indéniablement d’une plus-value de l’IA. Une telle intégration permettra aux praticiens de faire un choix, parmi une offre pléthorique, de modules de formation qui leur permettront d’assimiler rapidement des connaissances sur un thème précis. Par exemple : comment faire appel d’un jugement ayant statué exclusivement sur la compétence.

Naturellement, afin de s‘assurer une sécurité juridique maximale, il conviendra de recourir à un outil développé par un éditeur qui possède un fonds documentaire important et régulièrement enrichi.

Selon vous, comment les évolutions futures de l'IA pourraient impacter les attentes des clients en termes de services juridiques ?

Nos clients auront accès aux mêmes informations que nous. A ceci près que l’outil d’IA la leur restituera de manière très certainement plus accessible.

En revanche l’avocat continuera à maîtriser l’accompagnement du client ainsi que la stratégie du dossier à condition, naturellement, qu’il excelle dans son ou ses domaine(s) de compétence.

Selon vous, comment va se repenser la chaîne de responsabilité ?

Je ne suis pas convaincu que la chaîne de responsabilité se repense. L’avocat restera seul responsable de la consultation juridique qu’il aura délivrée et des actes qu’il aura établis.

L’IA entraine-t-elle déjà de nouvelles structures hiérarchiques ?

Pas encore au regard de la nouveauté de l’outil.

Mais il est certain que, très rapidement, il faudra repenser la place des stagiaires ou apprentis dans les cabinets.

Dans un premier temps, au lieu de faire de longues recherches de jurisprudence ou de doctrine ils auront vocation à permettre l’introduction et le développement de l’IA dans les cabinets. Ils auront, au regard de leur jeunesse, plus de facilité que leurs ainés à s’approprier les différents outils d’IA.

L’IA le faire-valoir de la plus-value des avocats ?

C’est un point de vue parfaitement défendable.

Pour le moment nous en sommes aux balbutiements. Et comme au début de toute innovation, l’accès aux outils d’IA s’avère difficile pour certains.

Lorsque l’IA sera maitrisée et surtout les outils qui en découleront, elle sera un vrai faire-valoir de la plus-value des avocats.